19 octobre 2010
Une belle chambre, des chataignes, de la peinture, un morceau de Beirut et c'est le bonheur
Hé bien, ça y est !
Nous voilà bien installées à Lyon avec Elo. L'appart est vieux et beau, le quartier sympa, le bar qui est au rez-de chaussé de l'immeuble fort sympathique puisqu'il s'agit d'un café concert.
Comme la chambre dégage un certain romantisme (le parquet, la cheminée, les hautes fenêtres, que sais-je ?), j'ai été prise d'une soudaine envie de recopier le poème Ophélie d'Arthur Rimbaud à l'encre de chine, puis de l'illustrer à l'aquarelle. J'ai toujours été fascinée par le personnage d'Ophélie, issu de la pièce Hamlet de Shakespeare. De nombreux peintres, principalement préraphaélites, ont représenté la belle Ophélie. Parmi eux, John William Waterhouse, un peintre préraphaélite anglais que j'aime énormément.
Ci-dessous, les représentations d'Ophélie par quelques peintres :

Ophelia, John William Waterhouse, 1889
Ophelia, John Everett Millais, 1851
Ophélie, Alexandre Cabanel, 1883
Ophelia, Arthur Hughes, 1852
Et quelques photos du poème que j'ai recopié, de ma chambre et de la lumière dorée de fin de journée...







09 septembre 2010
Lugdunum
L'aventure commence.
Je suis à Lyon, chez Guillaume et Lucie qui m'accueillent généreusement pendant que je cherche un petit endroit douillet pour poser mon lit, mes plantes et mes attrapes rêves. Un appart quoi, pour Elo et moi. La tâche est ardue. Début septembre, tout le monde cherche à se loger. Cette après-midi, j'ai visité un appart. J'étais très enthousiaste : près du parc de la Tête d'or, quartier tranquille, 1er étage, salon cuisine lumineux, chambre qui donne sur un petit jardin tout vert et mignon... Sauf que la deuxième chambre, (pièce que j'ai ouvert en dernier), devait faire 7m2... Déception, lassitude...
Heureusement, j'alterne avec des activités plus fun qui me permettent de connaître un peu mieux la ville : aller manifester sous la pluie avec Lucie, manger des hamburgers au foie gras et des profiterolles aux chamalows grillés, me balader dans le vieux Lyon, quartier que je devinais beau mais que je ne connaissais absolument pas. Je suis montée à Fourvière à pied par les vieilles rues pavées et j'ai traversée les jardins du rosaire. On ne m'avait pas menti : c'est très très beau.
06 septembre 2010
Août mûrit, septembre vendange, en ces deux mois tout bien s'arrange.
Septembre...
Mois de changement, de transition, de renouveau, de découverte. Il n'est jamais commode, ce mois de septembre. Et pourtant je l'aime. J'aime sa lumière, ses lourdes grappes de raisins, des courges et potirons dont les vrilles folles s'attachent aux endroits les plus incongrus. J'aime l'odeur que dégage les platanes, un parfum très spécial qui me rappelle mes premières rentrées à l'école...
28 août 2010
"Les parfums, les couleurs et les sons se répondent" Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
Dans l'ombre calme et fraîche, loin des tourments du quotidien, ma liqueur de millepertuis a dormi dans sa chrysalide de terre. Trois semaines se sont écoulées depuis sa création. Je filtre, je mets en bouteille, j'étiquette, je photographie le breuvage ambré à la lumière de ma lampe de chevet.
23 août 2010
Ne cherchez pas le bonheur trop loin...
Un après-midi au lac avec père et frères, ou la joie du toboggan géant (et l'effroi de peut-être rester coincée au milieu), des plongeons tous ensembles (avec le bikini pas adapté qui se barre, "t'inquiète pas Lu ça fait des bulles, même sous l'eau on voit rien"), des châteaux de sable (avec le presque-sable de cailloux) et les derniers rayons du soleil après une chaude journée dans l'eau (chance inouïe au milieu d'un mois d'août ô combien pourri...)
A qui appartiennent ces yeux ?











16 août 2010
La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence. Jean Giono
Le temps d'un week-end, escapade à Aureille chez des amis. Quelle magie règne en ces lieux ? Une évidente bienveillance se transmet d'être en être, du pin tortueux qui étire paresseusement ses aiguilles vers le soleil au vieux gardian sirotant son pastis à cheval après l'abrivado, en passant par le doux âne gris et l'infatigable cigale. Une insouciante et contagieuse joie de vivre émane de la garrigue, portée par une brise légère aux enivrantes senteurs de thym et de romarin...


Argiope frelon dans les mûriers 

Les gardians de la manade
Thymus vulgaris





Petits trésors récoltés sur les sentiers de Provence

La pause pastis c'est pour tout le monde. Y compris les flics.







12 août 2010
Merci Colette
Colette est une alchimiste.
Elle transforme la beauté brute, originelle de la nature (sa connaissance de la langue française dans ce qu'elle a de plus riche et poétique est son seul ustensile), en art (et j'aimerais que le mot "art" sonne ici comme le mot "or").
Elle crée dans mon esprit, avec quelques mots subtilement choisis, l'illusion parfaite d'une fleur, d'un insecte, l'odeur d'un pollen, la sensation de l'humidité, la saveur acide des groseilles.
Emporter Colette avec soi, c'est emporter tout un jardin d'Éden dans son sac de voyage.
"Le sommeil s'approche, me frôle et fuit... Je le vois ! Il est pareil à ce papillon de lourd velours que je poursuivais, dans le jardin enflammé d'iris... Tu te souviens ? Quelle lumière, quelle jeunesse impatiente exaltait toute cette journée !... Une brise acide et pressée jetait sur le soleil une fumée de nuages rapides, fanait en passant les feuilles trop tendres des tilleuls, et les fleurs du noyer tombaient en chenilles roussies sur nos cheveux, avec les fleurs des paulownias, d'un mauve pluvieux de ciel parisien...
Les pousses des cassis que tu froissais, l'oseille sauvage en rosace parmi le gazon, la menthe toute jeune, encore brune, la sauge duvetée comme une oreille de lièvre, tout débordait d'un suc énergique et poivré, dont je mêlais sur mes lèvres le goût d'alcool et de citronnelle..."
Colette, Les Vrilles de la vigne, Nuit Blanche
Photos prises en Haute-Savoie et Vercors.
10 août 2010
Réflexion
Milan Kundera est entré dans ma vie (merci Elo). Sa découverte me fait à peu près autant d'effet que celle de Freddie Mercury, mais en moins hystérique, le coup de foudre étant plus intellectuel que physique.
Oui, je sais, il y en a toujours que ça choque que je fantasme sur Freddie. Bref, passons.
Si pour moi, Chopin, Satie et même Freddie ont tout compris à la musique en transformant des sentiments en notes qui coulent directement au plus profond de l'âme, Milan Kundera exprime quant à lui des vérités existentielles avec des mots simples. Je n'en dirais pas plus, je n'ai qu'un conseil : lisez "L'insoutenable légèreté de l'être".



"Le fleuve coule de siècle en siècle et les histoires des hommes ont lieu sur la rive. Elles ont lieu pour être oubliées demain et que le fleuve n'en finisse pas de couler."
Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être
07 août 2010
"Il coule en mon coeur - La chaude liqueur - Des treilles." Brassens
Ça y est !
Il est venu le temps de mon apprentissage.
Je cours les prés,
à mon bras un panier d'osier,
je cueille, je fais sécher.
Lavande et millepertuis
seront transformés en breuvages :
Liqueur du soleil,
Tisane du sommeil,
Une vertu pour chaque fleur,
Un nectar à toute heure...






L'araignée tisse la nuit
Il est 2h du matin. Je ne comprends pas. J'ai regardé l'heure il y a 5 min et il était 22h. Bon sang, j'ai toujours été mauvaise avec les chiffres. Je ne peux pas croire que le temps s'écoule toujours de la même manière. Une minute peut durer 100 ans et 3h heures peuvent sembler 15 minutes.
Remarque, j'ai les yeux qui vont rouler hors de leurs orbites. Il faut dire que je ne les ai pas ménagés : Tissage, une perle, déplacement oculaire de 15 cm vers le haut : écran d'ordinateur, youtube, Georges Brassens. Nouveau roulement oculaire vers le bas, un nœud, une plume.
Je vous souhaite une bonne nuit, et de très beaux rêves.










































